Septembre 2024, je quitte Paris sous la pluie, j’ai laissé ma fille qui va démarrer ses études sup, et c’est parti pour 600 km, retour express.
Je suis prise d’une tristesse intense, mes larmes se mêlent à la pluie qui coule sur le pare-brise (et pourquoi est-ce que j’écoute Carla Bruni ?) et je ne me doute pas que ça va durer un peu.
J’ai l’impression qu’on m’a arraché une partie de moi.
Je suis propulsée 18 ans en arrière, et là, je me dis que le temps passe vraiment trop vite. Tout y passe : la naissance, les premiers biberons, les premiers pas, les premiers mots, les premières sorties… Bref, tout ça en un claquement de doigts qui disparaît de la maison et de mes bras.
J’entends Charlotte Gainsbourg qui dit qu’on n’est pas préparée à ça.
Je confirme.
Et si l’arrivée d’un enfant est une étape pleine de bouleversements, son départ de la maison l’est tout autant ! Et si on est préparée au premier événement, on ne l’est clairement pas au deuxième.
Et puis mon fil Instagram me propose des publications sur le syndrome du nid vide.
J’en ai entendu parler, mais en le vivant, je constate que c’est bien plus que l’enfant qui quitte la maison et qui nous manque.
Le syndrome du nid vide, ça vient nous questionner, nous ramener à qui on est, nôtre (nos) rôle(s), mais c’est aussi un bond vers de nouvelles perspectives… qu’on devra presque se forcer à regarder, ou qui se fera naturellement, heureusement.
La chambre vide, le silence, la peur du temps qui passe… Bref, tout un pan de vie qui semble disparaître du jour au lendemain.
Ce phénomène apparaît dans les années 70, dans la littérature anglo-saxonne, sous le terme « empty nest syndrome ». Il décrit l’état émotionnel que peuvent ressentir les parents lorsque les enfants quittent le domicile familial, généralement au moment où ils deviennent autonomes.
Le syndrome du nid vide est très variable d’un parent à l’autre, et sa durée l’est également. Il peut être inexistant chez certains, beaucoup plus difficile à vivre chez d’autres.
Il dépend aussi de la situation familiale, personnelle, conjugale ou professionnelle.
Mais le constat est là, et les manifestations peuvent être nombreuses : tristesse, sentiment de vide, baisse d’énergie, perte de repères, anxiété, parfois même jalousie ou colère envers l’enfant qui est parti.
Et alors quoi ?
Comme disait l’autre : « On ne fait pas des enfants pour soi. »
Et si ce départ pouvait aussi être l’opportunité de nouveautés ?
Se recentrer sur soi ?
Retrouver des envies mises de côté ?
Faire cette activité dont on rêve depuis longtemps mais qui n’était pas réalisable faute de temps, d’horaires, d’engagements ou de disponibilité ?
On met un peu de temps à entrer dans cette nouvelle posture, et réussir à s’autoriser à vivre un peu différemment.
Je mesure aussi mon nouveau rôle auprès de ces enfants qui ont besoin d’une autre partie de moi : celle du soutien, du conseil parfois, du questionnement, de l’écoute surtout.
Et finalement, chaque étape de la vie de son enfant est faite de joies et de contemplation. Les voir continuer à découvrir, à s’épanouir, à se construire.
Cette expérience m’a aussi amenée à m’intéresser plus particulièrement aux transitions de vie : ces moments où quelque chose change, parfois malgré nous, et où il faut progressivement retrouver de nouveaux repères.
C’est dans ce cadre que je propose aujourd’hui un accompagnement des périodes de transition de vie.
Le départ des enfants ne signe pas la fin d’une histoire.
Il transforme une place, une relation, un quotidien…
Et peut-être aussi l’occasion de libérer un peu plus de place pour soi.
